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Premiers pas sur le Chemin de Saint Jacques  (En route pour Sant Jacques de Compostelle) posté le dimanche 01 avril 2007 10:30

Photo: C'est l'heure de partir !

 

 

1ère ETAPE : le 17 avril 2006

 

 

 

Plaisance du Touch       7 kms 300            Départ 13 h 45

Léguevin                                         Arrivée 15 h 45

 

 

Il est 17 h 30, je suis arrivée maintenant depuis 2 heures à l’Accueil pèlerin de Léguevin.

 

Ainsi est faite rapidement en deux heures à peine la première étape de sept kilomètres trois cents de Plaisance à Léguevin.

De quitter Jo cela a été très émouvant. Cela fait tant d’années que l’on est tous les deux côte à côte, dans les moments de bonheur et les moments difficiles. Oui, j’avais la gorge nouée, il fallait partir vite et disparaître au premier virage de la rue des Lauriers, pour ne plus l’apercevoir avec ses yeux si tristes et peut-être un peu humides. C’est une séparation que je lui impose et je l’ai réalisée il ya seulement quelques jours, toute à ma joie de partir.

 

Le sac est lourd, peut-être un peu trop chargé et pourtant j’avais fait le vide il y a deux jours, j’avais pesé avec soin chacun des objets que j’emporte : il fait normalement sept kilogrammes, mais j’emporte un peu de nourriture pour ce soir et pour demain.

 

Il faut partir, s’éloigner de sa maison, de son bonheur. Qu’est ce que je vais chercher au loin ? Je ne sais pas encore mais je le saurai sans doute, les anciens marcheurs sont si enthousiastes pour raconter leur longue marche.

J’ai franchi en 20 minutes 1 kilomètre 600 en abordant la côte des Ecoles pour arriver sur le haut, le plat.

Partons ! Puisque j’ai décidé de partir, allons de l’avant ! La route est encombrée de voitures, qu’importe le Chemin a commencé.

Au carrefour avec la route qui va de la Salvetat à Colomiers un cycliste s’arrête pour m’interpeller : "  Vous allez jusqu’à Saint-Jacques ? " Voyant ma mine affirmative il me scie le moral en ajoutant "Hé bien vous n’êtes pas arrivée ! " Bien sûr que je ne suis pas arrivée… je viens de partir !

Premier arrêt dans les bois après le rond point qui va à Colomiers : je modifie mon sac, je vais mettre la nourriture dans la poche arrière. Ce sera plus équilibré. En effet cela va mieux.

J’arrive à Léguevin sans encombre, la Maison Saint Jacques est ouverte. Un monsieur est là il me dit qu’il vient d’arriver : il est dans le couloir son chapeau sur la tête. Nous nous serrons la main, je porte mon sac dans la chambre qui m’apparaît extrêmement modeste avec ses 6 lits alignés côte à côte, la tapisserie est déchirée et cela sent un peu l’humidité. La nationale 124 passe au ras de la maison et l’on entend de la chambre toute la circulation. Pourtant ce monsieur me dit très naturellement que ce gite est vraiment très bien. Je suis prête à le croire je n’ai encore rien vu. Jean A. et son épouse, les hospitaliers, arrivent et souhaitent la Bienvenue. Ils donnent de nombreux conseils, comment traverser la forêt de Bouconne en partant de Léguevin, sans se perdre. Ils indiquent les difficultés existantes pour franchir le Col du Somport et se préoccupent de savoir si nous ne manquons de rien.

C’est mon premier contact avec des hospitaliers et je les écoute, j’ai l’impression que personne ne prête attention à ce qu’ils disent.

Ils attendent d’autres pèlerins.

 

Avec Jacques le premier pèlerin je prends un thé.

Puis je fais ma toilette et lave mes chaussettes. Il y a encore beaucoup de temps avant la nuit, je fais un tour jusqu’à l’Eglise, j’y découvre un mot pour Alain le pèlerin écrit par les deux Belges croisés à l’entrée de Léguevin. Eux aussi sont pensionnaires à la Maison Saint Jacques pour ce soir. Au retour je discute avec eux, ils m’indiquent qu’ils attendent Alain. Ils ont eu des problèmes de santé, car ils arrivent d’Arles, comme Jacques, qu’ils ont déjà croisé à l’hébergement de Saint Guilhem du Désert. L’un a eu une tendinite aux pieds à cause de la charge excessive de son sac, plus de 18 kilogrammes, il a du s’arrêter pendant quelques jours et Abdel le plus jeune est tombé d’un rocher et a été hospitalisé pendant trois jours, il lui reste une douleur au genou, il doit porter une genouillère.

Avec Jacques, présent dans la cuisine, je prépare mon repas, un Bollino, lui se fait des pâtes et nous mangeons ensemble, les autres ont déjà mangé. Trois nouveaux pèlerins sont annoncés pour ce soir, il n’y a plus de place, Abdel dormira sur un matelas dans le couloir. On m’avait dit qu’il n’y avait personne d’habitude à la Maison Saint Jacques à Léguevin, pour mon arrivée c’est complet ! Je vois enfin des pèlerins !

Je me couche à 9 heures, fais des mots croisés et lit, Jacques me dit qu’il y a toujours des livres dans les gîtes. La nuit est longue car je ne dors pas trop, quelqu’un ronfle mais ce n’est pas moi ! Sur les conseils de Jacques (encore !) j’ai mis des bouchons aux oreilles.

 

Quand le jour se lève j’ai l’impression d’avoir assez dormi, il est 7 heures 30.

 

 

 

 

 

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2 ème Etape: Léguevin - L'Isle Jourdain  (En route pour Sant Jacques de Compostelle) posté le dimanche 01 avril 2007 16:15

2ème ETAPE : le 18 avril 2006

 

 

Léguevin                 15 kms 30              Départ 9 heures

L’Isle Jourdain                                  Arrivée 14 heures

 

 

Départ à 9 heures après le petit déjeuner et le rangement de la chambrée qui s’impose, j’achète une baguette de pain à la boulangerie et une carte postale au tabac du feu rouge, à côté de la mairie. En partant je poste la carte postale car je passe juste devant la poste. J’ai dit au revoir aux Belges et aux trois derniers pèlerins arrivés hier soir tard, ainsi qu’à Alain. Jacques lui est parti à 8 h 30 :    " C’est mon heure " m’a-t-il dit, il ne sait pas s’il va à l’Isle Jourdain ou à Giscaro. Je sens qu’il aurait aimé faire un bout de chemin en ma compagnie mais pèlerin- débutante, je crains qu’il ne marche trop vite pour moi.

Les idées tournent en moi pendant ce premier bout de chemin, il fait froid, le vent souffle, j’ai mis ma polaire, et déjà mon intérêt a l’air de flancher. Oui pourquoi marche-t-on ainsi ? Abdel le petit belge, au terme de son parcours aura son autonomie totale, appartement et liberté, il doit faire le Chemin c’est la justice belge qui le lui demande.

Mais les autres quel est leur intérêt et moi quel est le mien ? Comme m’a dit l’autre belge : " Il ne faut pas sous estimer la difficulté physique de cette épreuve ". Il sait de quoi il parle, il souffre encore de sa tendinite… Oui c’est vrai le sac pèse et n’aide pas à avancer plus vite, il ne faudrait presque rien dedans.

Mais encore qu’est-ce qui fait marcher ? Je n’ai pas de réponse.

En entrant dans la forêt de Bouconne je croise un jogger et son chien, puis un peu plus loin un groupe de marcheurs qui me souhaitent bon courage avec beaucoup de sympathie et de considération. Je suis étonnée ils ont l’air eux aussi de vouloir partir … La forêt est magnifique et les chemins moins détrempés que la fois précédente lors de mon entrainement avant mon départ. Je ne tourne pas à droite, comme le préconise par erreur le guide, et je prends bien, l’allée 89. C’est bien balisé et c’est plus agréable que par l’autre chemin. A nouveau je m’arrête à la sortie de la forêt face à Pujaudran et je m’arrête aussi près de la ferme des Ninets. J’essaie de m’arrêter toutes les heures cinq minutes le temps de boire et de faire quelques exercices de stretching appris au cours de Gymnastique qui me permettent de détendre les muscles des jambes, du dos et des bras.

En prenant le chemin après les Ninets, j’ai croisé un jeune couple avec un sac à dos qui rentrait chez eux après avoir fait leurs courses, c’est encore les vacances scolaires de Pâques !

J’arrive au centre de l’Isle Jourdain vers 13 h 45 et à l’Office du Tourisme à 14 heures. Le gîte est juste à côté de la piscine, c’est une maison et chacun a sa chambre avec plusieurs lits. A peine installée, je vois arriver Jacques le pèlerin vu la veille à Léguevin, il me dit s’être perdu dans la forêt de Bouconne et ne peut pas aller plus loin pour aujourd’hui, c’est une bonne surprise, je ne serai pas seule ici ce soir … Je visite l’Isle Jourdain, je fais quelques courses ; Jacques a acheté une bouteille de vin, il veut prendre l’apéritif avec moi. A 19 heures 30 le repas : blancs de poulet, haricots verts en boite et fromage blanc. Je me couche à 21 heures et éteins vers 22 heures, mais le matelas est mauvais et vers minuit je suis obligée de me réinstaller, car j’ai mal au dos. Enfin la nuit se termine, je me lève vers 7 h 45.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'isle Jourdain  (En route pour Sant Jacques de Compostelle) posté le dimanche 01 avril 2007 16:18

Le 18 avril 2006

 La chambre,  le gite est à côté de la pisicine, j'ai déployé mon sac de couchage sur le lit.

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Indication du Chemin de Saint Jacques dans le Gers  (En route pour Sant Jacques de Compostelle) posté le dimanche 01 avril 2007 16:25

Le 19 avril 2006

 

Après l'Isle Jourdain et avant Monferran Savès sur la nationale 124 au restaurant la Diligence, sur la croix une indication de la direction de Saint Jacques de Compostelle

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Un ange gardien ?  (En route pour Sant Jacques de Compostelle) posté le dimanche 01 avril 2007 16:27

3ème ETAPE : le 19 avril 2006

 

 

L’Isle Jourdain         15 kms 500               Départ 9 h 15

Giscaro                                            Arrivée 14 h 30

 

 

Je passe à l’Office du Tourisme (OT) pour remettre les clés du gite et la carte postale que l’employée m’a proposé gentiment de poster aujourd’hui.

Le chemin part très vite dans la campagne, tout en rejoignant la RN 124. Jamais on ne pourrait penser en circulant en voiture que ces chemins existent ! Ils traversent des cultures, suivent la Save ou un autre petit ruisseau, sont encaissés entre deux murs végétaux tapissés de haies, grimpent (et l’effort est alors à fournir) sur des crêtes sinueuses, puis redescendent dans des vallons ombragés. Le Chemin ainsi parcouru me montre un Gers inconnu calme et tranquille, lointain des routes passagères et turbulentes. On arrive à Monferran Savès, à partir de la Source Fleurie par un sentier botanique, c’est là que Manu et Patrice, deux pèlerins entrevus à Léguevin, me rattrapent, nous échangeons quelques mots, ils vont déjeuner au restaurant tenu par l’IMP l’Essor.

Je m’arrête sur la place du village et casse la croûte sur un banc, près de la poste. Le village comporte un boulanger dont c’est aujourd’hui son jour de fermeture, et peut-être une épicerie que je n’ai pas su trouver… Sur l’église, je vois une belle statue de Saint Jacques.

Tout en mangeant je pense à Jacques, à tous les conseils et petits trucs pratiques qu’il a bien voulu me donner. Je m’en veux un peu de ne pas l’avoir remercié de sa gentillesse. Ce matin il est parti à la poste pour téléphoner et je ne l’ai pas revu sur le Chemin, je ne sais pas si je le reverrais… Il m’a expliqué qu’il doit quitter le chemin pendant quelques jours pour rentrer chez lui régler des affaires importantes. Puis il devrait normalement revenir le 26 avril et reprendre le Chemin.

 

Serais-je tombée par hasard sur mon Ange Gardien ?

Je me dis que je délire un peu à la façon de Paulo Coelho dans son livre "Le Pèlerin de Compostelle ".

Mon chemin n’est pas du même genre, chaque rencontre n’est sans doute pas à interpréter…

Pourtant cette idée d’ange gardien me trotte dans la tête !

 

J’arrive au Gite du Grangé vers 14 heures 30, la maison est loin de la petite route, on y accède par un chemin gravillonné puis ensuite un long chemin herbeux qui m’amène au sommet d’une colline d’où enfin je vois la maison.

Monsieur Durand m’accueille, m’offre un café et bavarde pendant un long moment avec moi, il est très sympathique.

Le gîte du Grangé est situé dans une vieille bâtisse gersoise, c’est une vieille grange aménagée d’où son nom. Les lits sont à l’étage, une grande pièce pouvant accueillir 15 personnes  agréable et spacieuse. Au rez-de-chaussée une très belle pièce pour les pèlerins sert de salle à manger, de cuisine, de pièce à vivre en somme. Une cheminée peut être allumée si on le désire, et une belle collection de livres sur Saint Jacques peut être utilisée. Le jardin est agréable et je profite du beau temps pour m’installer dehors.

 

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