Photo: C'est l'heure de partir !
1ère ETAPE : le 17 avril 2006
Plaisance du Touch 7 kms 300 Départ 13 h 45
Léguevin Arrivée 15 h 45
Il est 17 h 30, je suis arrivée maintenant depuis 2 heures à l’Accueil pèlerin de Léguevin.
Ainsi est faite rapidement en deux heures à peine la première étape de sept kilomètres trois cents de Plaisance à Léguevin.
De quitter Jo cela a été très émouvant. Cela fait tant d’années que l’on est tous les deux côte à côte, dans les moments de bonheur et les moments difficiles. Oui, j’avais la gorge nouée, il fallait partir vite et disparaître au premier virage de la rue des Lauriers, pour ne plus l’apercevoir avec ses yeux si tristes et peut-être un peu humides. C’est une séparation que je lui impose et je l’ai réalisée il ya seulement quelques jours, toute à ma joie de partir.
Le sac est lourd, peut-être un peu trop chargé et pourtant j’avais fait le vide il y a deux jours, j’avais pesé avec soin chacun des objets que j’emporte : il fait normalement sept kilogrammes, mais j’emporte un peu de nourriture pour ce soir et pour demain.
Il faut partir, s’éloigner de sa maison, de son bonheur. Qu’est ce que je vais chercher au loin ? Je ne sais pas encore mais je le saurai sans doute, les anciens marcheurs sont si enthousiastes pour raconter leur longue marche.
J’ai franchi en 20 minutes 1 kilomètre 600 en abordant la côte des Ecoles pour arriver sur le haut, le plat.
Partons ! Puisque j’ai décidé de partir, allons de l’avant ! La route est encombrée de voitures, qu’importe le Chemin a commencé.
Au carrefour avec la route qui va de la Salvetat à Colomiers un cycliste s’arrête pour m’interpeller : " Vous allez jusqu’à Saint-Jacques ? " Voyant ma mine affirmative il me scie le moral en ajoutant "Hé bien vous n’êtes pas arrivée ! " Bien sûr que je ne suis pas arrivée… je viens de partir !
Premier arrêt dans les bois après le rond point qui va à Colomiers : je modifie mon sac, je vais mettre la nourriture dans la poche arrière. Ce sera plus équilibré. En effet cela va mieux.
J’arrive à Léguevin sans encombre, la Maison Saint Jacques est ouverte. Un monsieur est là il me dit qu’il vient d’arriver : il est dans le couloir son chapeau sur la tête. Nous nous serrons la main, je porte mon sac dans la chambre qui m’apparaît extrêmement modeste avec ses 6 lits alignés côte à côte, la tapisserie est déchirée et cela sent un peu l’humidité. La nationale 124 passe au ras de la maison et l’on entend de la chambre toute la circulation. Pourtant ce monsieur me dit très naturellement que ce gite est vraiment très bien. Je suis prête à le croire je n’ai encore rien vu. Jean A. et son épouse, les hospitaliers, arrivent et souhaitent la Bienvenue. Ils donnent de nombreux conseils, comment traverser la forêt de Bouconne en partant de Léguevin, sans se perdre. Ils indiquent les difficultés existantes pour franchir le Col du Somport et se préoccupent de savoir si nous ne manquons de rien.
C’est mon premier contact avec des hospitaliers et je les écoute, j’ai l’impression que personne ne prête attention à ce qu’ils disent.
Ils attendent d’autres pèlerins.
Avec Jacques le premier pèlerin je prends un thé.
Puis je fais ma toilette et lave mes chaussettes. Il y a encore beaucoup de temps avant la nuit, je fais un tour jusqu’à l’Eglise, j’y découvre un mot pour Alain le pèlerin écrit par les deux Belges croisés à l’entrée de Léguevin. Eux aussi sont pensionnaires à la Maison Saint Jacques pour ce soir. Au retour je discute avec eux, ils m’indiquent qu’ils attendent Alain. Ils ont eu des problèmes de santé, car ils arrivent d’Arles, comme Jacques, qu’ils ont déjà croisé à l’hébergement de Saint Guilhem du Désert. L’un a eu une tendinite aux pieds à cause de la charge excessive de son sac, plus de 18 kilogrammes, il a du s’arrêter pendant quelques jours et Abdel le plus jeune est tombé d’un rocher et a été hospitalisé pendant trois jours, il lui reste une douleur au genou, il doit porter une genouillère.
Avec Jacques, présent dans la cuisine, je prépare mon repas, un Bollino, lui se fait des pâtes et nous mangeons ensemble, les autres ont déjà mangé. Trois nouveaux pèlerins sont annoncés pour ce soir, il n’y a plus de place, Abdel dormira sur un matelas dans le couloir. On m’avait dit qu’il n’y avait personne d’habitude à la Maison Saint Jacques à Léguevin, pour mon arrivée c’est complet ! Je vois enfin des pèlerins !
Je me couche à 9 heures, fais des mots croisés et lit, Jacques me dit qu’il y a toujours des livres dans les gîtes. La nuit est longue car je ne dors pas trop, quelqu’un ronfle mais ce n’est pas moi ! Sur les conseils de Jacques (encore !) j’ai mis des bouchons aux oreilles.
Quand le jour se lève j’ai l’impression d’avoir assez dormi, il est 7 heures 30.








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